Qu’est-ce qu’une maison passive ?

Un bâtiment passif est sobre en énergie et consomme en moyenne 4 fois moins d’énergie qu’un bâtiment ordinaire.
Il est non seulement moins « énergivore » qu’un bâtiment traditionnel, mais il est en plus beaucoup plus confortable car les courants d’air n’y ont pas leur place. L’air ambiant est renouvelé et filtré continuellement ce qui rend la qualité de l’air bien supérieure à celle d’une habitation traditionnelle. Le triple vitrage garantit le confort acoustique et le choix soigneux de l’emplacement des fenêtres assure un apport important de lumière du jour et de confort visuel dans chaque pièce.

1. Le principe d’isolation et d’étanchéité à l’air

Bâtiment standard
L’air froid pénètre dans le logement par les interstices des châssis (porte entrée) et des défauts au niveau des parois
=> le chauffage (et son installation) doivent alors venir compenser les pertes de chaleur.

Bâtiment passif
Il s’agit avant tout de mettre des couches et de rendre la maison étanche pour empêcher le froid de pénétrer et la chaleur de sortir de votre maison. Sans système de chauffage, il faut en effet rendre l’enveloppe la plus isolée et étanche possible :

  • On intègre 25 à 35 cm d’isolant sur les murs, 20 cm pour les sols et 30 à 45 pour les toits, selon le type de matériau utilisé.
  • On préférera le triple vitrage au double
  • Les châssis et la menuiserie sont adaptés pour répondre aux exigences de performances thermiques et d’étanchéité à l’air.
    => Les pertes de chaleur sont tellement limitées qu’un faible apport de chauffage est suffisant. La puissance d’un fer à repasser (+- 2000 W) permet par exemple de chauffer confortablement une maison en hiver.

Dans un bâtiment passif, une attention particulière est portée à l’étanchéité à l’air. Dans le cas d’un bâtiment en préfabriqué, la couche de plâtre garantit une étanchéité globale ; dans le cas d’une structure en bois, des plaques de matériau étanche à l’air sont posées du côté intérieur du mur.
Les interstices des bois et autres travaux de menuiserie, les planchers et autres raccords sont recouverts par des bandes de ruban adhésif et du film isolant. Pour éviter le plus possible d’interagir avec cette étanchéité, un espace réservé aux canalisations est souvent créé du côté intérieur du mur.

Le niveau d’étanchéité à l’air de l’ensemble de la maison est testé au moyen d’un « blowerdoor test ». En soumettant le bâtiment à une sur-dépression, on peut calculer les pertes d’air pour des valeurs différentielles de 50Pa entre l’intérieur et l’extérieur.

2. La VMC : de l’air sain en continu et aucune perte de chaleur

Bâtiment standard
La réglementation se renforce d’année en année pour respecter nos engagements internationaux. On isole donc de plus en plus, mais toujours pas assez que pour pouvoir se passer d’une installation de chauffage conventionnelle.
En l’absence d’un système de ventilation réglementaire, l’air vicié (odeurs, humidité, CO2, COV,…) doit être évacué du logement et remplacé par de l’air sain. Pour ce faire, plusieurs méthodes sont possibles :

  • ouvrir les fenêtres en été comme en hiver pour renouveler l’air vicié des chambres
  • installer une hotte dans la cuisine pour expulser les odeurs
  • intégrer un extracteur dans la salle de bains pour éviter les problèmes liés à l’humidité
  • utiliser des produits chimiques vendus en grande surface pour rendre les odeurs des toilettes ‘agréables’ (ou tout du moins acceptables) au tout-venant.

Bâtiment passif
Pour apporter suffisamment d’air frais dans l’habitation, on utilise un système de ventilation mécanique avec récupération de chaleur.
L’air vicié ou humide provenant de la cuisine, de la salle de bains, des toilettes ou des débarras est extrait hors du volume protégé par un ventilateur. Parallèlement, de l’air sain extérieur est insufflé dans les pièces de vie et les chambres. Ces deux flux se croisent dans un échangeur de chaleur, où les calories de l’air sortant sont transmises à l’air entrant. Jusqu’à 95% de la chaleur peut ainsi être récupérée et valorisée au niveau de l’air pulsé dans les différents locaux.

3. Cela suffit-il à avoir chaud et à vivre confortablement ?

Bâtiment standard
Généralement, oui.
Un simple déséquilibre est rapidement compensé par un réajustement du thermostat, un feu de cheminée pour se réchauffer, etc.

Bâtiment passif
Bien sûr ! Dans un bâtiment passif, on évite autant que possible les pertes de chaleur dès la conception. Cela signifie qu’un apport calorifique minimal aura un effet optimal.
L’apport de chaleur se fait majoritairement par le biais de l’énergie solaire et des apports internes (l’activité humaine et les équipements). Dans un bâtiment passif, le triple vitrage, beaucoup plus isolant, permet de conserver l’énergie à l’intérieur du logement tout en favorisant le rayonnement solaire et une luminosité optimale.
Par exemple, en période de chauffe, les fenêtres orientées plein sud apporteront davantage d’énergie (solaire) au bâtiment qu’elles n’en perdront.
Beaucoup d’appareils produisent de la chaleur en continu : ordinateurs, télévisions, réfrigérateur, etc. N’oublions pas de compter les apports calorifiques des activités domestiques : cuisiner, se laver, repasser, la simple présence des habitants fournit à elle seule une chaleur de 100 W par personne !

4. Éviter le risque de surchauffe
















Bâtiment standard
Ouvrez vos portes et fenêtres pour créer des courants d’air frais (… au risque d’attraper un rhub’ en plein été).
Prenez une douche froide, un bain de pieds, construisez une piscine.

Bâtiment passif
De manière générale quand on parle de surchauffe, on cherchera à réduire les sources de chaleur. Ainsi, un système d’ombrage adapté à l’ouverture limitera le rayonnement solaire entrant en été.
La ventilation joue également son rôle, car le « bypass » du système de ventilation permet de court-circuiter le récupérateur de chaleur : l’air frais extérieur remplace l’air chaud intérieur sans récupérer ses calories. Une stratégie de ventilation nocturne peut dès lors être facilement mise en place sans nécessairement garder les fenêtres ouvertes.
Au moyen d’un échangeur de chaleur avec la terre (puits canadien), l’air peut être préchauffé ou refroidi avant qu’il ne rejoigne cet échangeur de chaleur. L’air frais est aspiré dans un long conduit placé 2 mètres sous terre. Grâce à une température constante de 10 degrés à cette profondeur, l’air est préchauffé pendant l’hiver et pré-refroidi pendant l’été.