Quels sont les points/mises en oeuvre délicat(e)s dans une construction passive ?

Une maison passive, tout comme n’importe quelle autre habitation, se doit d’être conçue dans les règles de l’art et selon des prescriptions définies (niveau d’étanchéité à l’air, coefficient de transmission thermique U maximum, rendement de l’échangeur, etc…). Il convient donc de veiller à la bonne mise en œuvre de certains points.

Une isolation de qualité et continue :

Isoler sa maison, c’est comme enfiler un bon pull en hiver. Mais si celui-ci est troué, son efficacité est réduite. Pour notre pull comme pour notre habitation, il nous faudra donc veiller à garantir une continuité de la couche protectrice (=un isolant performant et continu). En construction, cela se traduit par une volonté de résoudre tous les ponts thermiques de l’enveloppe protégée du bâtiment. En agissant de la sorte, les parois comporteront moins de points froids et, donc, moins de risques pour la santé du bâtiment et de ses occupants. Lors de la mise en œuvre, on veillera à ce que la pose de l’isolation soit continue et que les jonctions entre les panneaux ou matelas d’isolant soient correctement mises en œuvre.
Ces points d’attention sont à appliquer au démarrage du projet. En effet, identifier, étudier et résoudre un pont thermique lors de la création des plans est toujours plus aisé que de le faire sur chantier lorsque l’on se retrouve face aux faits (voir aux dégâts).

Une bonne étanchéité à l’air :

Quelle est l’utilité de mettre en œuvre une isolation importante et performante si la mise en œuvre des matériaux est mal pensée et/ou mal exécutée et laisse la voie libre à d’importantes fuites d’air, transformant votre habitation en véritable passoire ? La mise en œuvre d’une bonne étanchéité à l’air vous permettra de garantir qu’aucune infiltration d’air non souhaitée ne vienne perturber le bilan énergétique du projet. Garantir une étanchéité à l’air performante, c’est également s’assurer du confort intérieur des occupants (en évitant les courants d’air) .
Ce point particulier est à contrôler sur chantier lors de la mise en œuvre des raccords entre chaque élément de l’enveloppe (ex : châssis ou portes et parois, différents éléments de parois (toiture-murs), finitions sèches-humides, …). Ce point peut également être une spécificité reprise dans le cahier des charges.

Un système de ventilation intégrant une récupération de chaleur :

La règlementation PEB ainsi que les normes D 50-001 (résidentiel) et EN 13779 (non résidentiel) impose une ventilation des locaux. Il existe quatre systèmes de ventilation, mais seul un d’entre eux (système de ventilation de type D, amenée et extraction d’air mécanique) couplé à un échangeur de chaleur, permet de diminuer considérablement les pertes par ventilation. L’échangeur de chaleur a donc pour but de préchauffer l’air frais entrant grâce à la chaleur de l’air vicié qui est extrait.

Actuellement, l’utilisation d’un système de ventilation mécanique contrôlée couplée à un échangeur de chaleur est une étape indispensable (mais pas obligatoire) afin de répondre aux critères passifs.